Plantes, spiritueux et self-care : la tendance No-Low qui réinvente le bien-être.
"On va boire des fleurs !" annonce Marlène Staiger (lire son portrait ici), créatrice des liqueurs H.Theoria et du Studio Poetic Molecules, dans le dernier numéro de Whisky Magazine. Une déclaration qui dit bien plus qu'elle ne semble : et si les spiritueux étaient en train de vivre ce que la cosmétique a traversé il y a dix ans ; la révolution des plantes ?
La nature est partout, même dans notre verre
À l'heure où l'IA remplit nos quotidiens, le marketing nous bombarde de plantes, symboles de naturalité, dans le moindre produit. Il y a une dizaine d'années, la cosmétique commençait à se réapproprier les plantes et à en faire son axe de différenciation. On a alors appris à comprendre leurs bienfaits — le boom d'Aroma-Zone et de sa cosmétique Do It Yourself en est l'un des acteurs emblématiques. Puis de plus en plus de marques ont choisi de valoriser les plantes dans leurs campagnes marketing, quitte à surjouer leur dimension naturelle.
Ainsi, en tant que consommatrices, nous nous sommes familiarisées avec la rose, la lavande, l'huile de noyau d'abricot et leurs bienfaits. L'arrivée de Yuka, dont le point fort n'est pas de juger de la naturalité d'un ingrédient, a aussi bouleversé la manière d'appréhender les cosmétiques. Aujourd'hui, parler de plantes en cosmétiques est au mieux un minimum, au pire complètement has-been. Parce qu'on a dépassé l'ère de la simple naturalité pour celle de la longévité et de la beauté holistique.
Grâce à l'accès facilité à la compréhension des formules et à ce qui génère un vieillissement prématuré des cellules, ce qui était de l'ordre purement esthétique est devenu une problématique de santé globale. Ce glissement du "naturel" vers le "fonctionnel" puis vers la "longévité" — on le voit aujourd'hui se rejouer dans le verre.
Drink your selfcare : la nouvelle équation beauté-bien-être
Cette prise de conscience que la santé s’entretient de manière holistique se lit à travers les chiffres : +7% à +12% de croissance en 2023 des médecines douces alternatives (sophrologue, naturopathe, ostéopathe…), +15% à +23% de requêtes Google sur des mots-clés liés au bien-être en 2021 et 2025.
Le monde du beverage est également touché : kombucha, thé matcha, bone broth, collagène drink, et… cocktails No-Low. L'offre est pléthorique et challenge le secteur. La tendance "Eat your skincare" pourrait bientôt se décliner en "Drink your selfcare".
Génération élevée aux 5 fruits et légumes par jour, au Manger! Bouger!, pas étonnant que ces messages aient fini d’infuser chez les marketeux dernière le développement produit. Mais je m’égare !
De facto, il n’est plus question de boire de l’alcool à tord et à travers, sans conscience. 43% des personnes interrogées pour le baromètre SOWINE Dynata 2026 eexpriment vouloir consommer du No-Low pour boire moins d'alcool (+7 pts vs 2025), tandis que 38 % l'expliquent par la volonté de veiller à leur santé. Après la bière, ce sont les cocktails (39 %) et les spiritueux (27 %) qui représentent la majorité des produits No-Low consommés.
Les pionniers du No-Low — JNPR, Ceder's, Djin — sont des spiritueux à base de botaniques, héritiers directs du gin. Ils portent une promesse familière : celle des plantes, déjà bien installée dans nos salles de bain. Avec une nuance : ici, le self-care passe aussi par le plaisir, l'arôme, le rituel du cocktail. Dans les bars parisiens comme en ligne, cette offre ne cesse de s'étoffer, portée par une clientèle féminine en quête d'expériences premium et conscientes.
No-Low et botaniques : plus de fleurs, moins d'alcool
Parce que oui, le goût compose la palette des éléments qui aident à se sentir bien - manger un bon chocolat, déguster un délicieux poulet rôti, boire un bon cocktail… Derrière le goût, ce sont des hormones et des souvenirs qui s'activent et nous procurent du bien-être. Et dans les goûts les plus plébiscités à l'avenir, selon Marlène Staiger, il y aura beaucoup de notes florales. On retrouve nos plantes !
D'après son analyse, la rose et le géranium seront très présents dans les propositions à venir. L'avenir appartient aux cocktails type long drink qui s'épanouissent avec des bases aromatiques plus végétales et florales, apportant une légèreté de plus en plus recherchée - en degré d'alcool notamment. Des saveurs nouvelles, moins évidentes (gentiane, feuilles de figuier…) issues du monde végétal permettent de concilier à la fois notion de plaisir et de raison.
Les plantes, nouveau langage du prendre soin de soi
Les plantes — et plus largement le végétal — se sont fait une place de choix dans notre consommation. Que ce soit sur la peau, dans l'assiette ou dans le verre, elles s'associent à chaque nouvelle tendance parce qu'elles symbolisent le fait de prendre soin de soi. Et cela est devenu un enjeu majeur de notre société, particulièrement pour les femmes qui cherchent à aligner plaisir, santé et sens dans chacun de leurs choix.
Le bien-être est protéïforme, et indispensable. Chez Distilleuses, nous pensons qu'il s'inscrit dans le collectif, l'échange et la bienveillance. C'est pour cela qu'on crée des rendez-vous pour échanger autour de bons ingrédients — et créer, dans une vie rythmée, une pause de respiration bienvenue.
